Trouver sa voie ? Les conseils de l’ONISEP

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Savoir quel métier nous correspond est parfois difficile. L’orientation professionnelle existe justement pour éclairer sur ses compétences et ses possibilités. Frédérique Alexandre-Bailly, directrice générale de l’ONISEP (Office national d’information sur les enseignements et les professions) donne ses clefs de lecture et de bons conseils pour réussir à trouver un chemin qui nous va bien.

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À partir de quel âge se pose la question de l’orientation professionnelle ?

Je crois que les enfants y pensent déjà naturellement. Il y a beaucoup d’enfants qui se projettent et qui veulent être un pompier, un cosmonaute, un sportif, que sais-je… Donc penser à son orientation professionnelle ça commence par se projeter dans un rôle d’adulte. Il y a probablement un moment dans l’enfance où on arrête de se projeter, où on n’ose plus rêver à quelque chose. Alors à quel moment faut-il en reparler aux enfants et aux adolescents ? Les aider à continuer à rêver ? Je pense que le moment dépend de chacun. Bien entendu quand on n’aime pas du tout l’école, qu’on s’y sent très mal, il y a une occasion en fin d’année de 3ème de réfléchir à faire une formation plus rapidement et donc d’aller faire un CAP, un bac Pro, un apprentissage, et donc, là oui, il faut penser au métier qu’on va faire. Mais tous ces jeunes n’y pensent pas forcément et ils pourront tout de même y revenir plus tard avec des questions plus spécifiques : dans quelles conditions je veux travailler ? Est-ce que je veux être indépendant ou salarié ? Quelque part, l’orientation professionnelle, il faut y penser tout le temps et se poser les questions : qu’est-ce qui fait que je suis bien où je suis ? Est-ce que j’ai l’impression de donner mes compétences au bon endroit et de recevoir une reconnaissance qui va au-delà de la rémunération ?

Quelle est la meilleure façon de s’y prendre selon vous ?

Pour moi, la meilleure façon de s’y prendre c’est d’être curieux. Déjà, il faut essayer de s’approcher le plus possible de la réalité des métiers. Le plus simple, c’est de parler aux gens autour de soi, et de leur demander, concrètement, ce qu’ils font de leurs journées. Mais cela passe aussi par le fait d’aller regarder des films sur les métiers, d’avoir l’occasion de visiter des organisations de travail et de voir ce que font les gens au quotidien. Il y a des métiers dont on a aucune idée ou encore des métiers dont on a des connaissances très réduites. Je pense par exemple à la boulangerie. Quand on est enfant, on va acheter le pain tout seul, c’est déjà une étape. Mais se rendre compte que le boulanger réalise un travail manuel, qu’il y a un peu de chimie pour maîtriser la cuisson et qu’il y a aussi un contact avec le client, qu’il est implanté dans un quartier. Cette prise de conscience, savoir cela, c’est bien autre chose que d’aller à la boulangerie, de trouver que ça sent bon et de se dire que ça doit être sympa de manger des gâteaux toute la journée et donc qu’on aimerait bien être boulanger.

Comment sait- on qu'un métier est fait pour soi ?

Je pense qu’il faut sortir de l’image de la vocation qui serait une adéquation entre une personne et un métier. Si on est sur cette image-là, alors on va avoir une réflexion autour de : “Il faut que je cherche à l'intérieur de moi pour savoir pour quel travail je suis fait”. C’est un peu comme les théories sur l’amour, comme s’il n’y avait qu’une âme sœur au monde que je dois trouver… Je pense qu’il n’y a aucune situation professionnelle parfaite, parce qu’on est toujours en mouvement et qu’on peut s’épanouir dans toute une série d’exercices professionnels qu’on va rencontrer au fil de sa vie. À quoi je vais voir que je me sens bien dans telle activité et que je réussis bien ? C’est tout l’objet des éléments sur lesquels l’ONISEP est en train de travailler. Ce qu’on appelle les “compétences à s’orienter” ou encore le “savoir-devenir”. Il s’agit de se connaître soi, de savoir ce qu’on aime bien exercer comme compétences, d’identifier ce qu’on attend de nous. Là, par exemple, j’ai besoin de développer telle aptitude professionnelle, telle technique… Je crois qu’il faut avoir un petit peu de défi et qu’il ne faut pas maîtriser totalement son travail parce que sinon, on y perd de l’intérêt.

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Cela va dans le sens de l’idée qu’on a des compétences qu’on ne soupçonne pas ?

L’intérêt des premières expériences professionnelles, que ce soit un petit boulot, un baby-sitting, un job d’été, c’est que d’un seul coup on se découvre en situation professionnelle. On se rend compte que telle chose a marché, que les gens autour de soi sont contents, que ça a fonctionné. Effectivement, à travers une activité on peut déployer des compétences auxquelles on ne pensait pas forcément. C’est tout le travail que fait Diagoriente pour apprendre aux jeunes à repérer en quoi ils sont compétents. C'est ce sur quoi nous travaillons aussi avec le programme Avenir(s). Sur ce programme, plus spécifiquement, on va aider les jeunes à repérer comment ils ont pu développer des compétences à travers leurs pratiques sportives, artistiques et à travers leurs expériences d'engagement. L'engagement, ça peut être l’engagement à l’école. Quelqu’un qui est éco-délégué va s’engager pour que son collège ou son lycée fasse en sorte de moins polluer par exemple. Ou ça peut être l’engagement dans sa famille : quand je donne un coup de main à mes parents pour garder mes frères et sœurs, c’est aussi de l’engagement, ça permet de développer des compétences et ça montre qu’on en a développé toute une série qui est très utile aux employeurs. La seule chose c’est qu’on ne s’en rend pas toujours compte, qu’on ne sait pas toujours le mettre en valeur, et qu’on ignore même parfois que les employeurs attendent ça.

Comment faire face à un blocage, quand on n'arrive pas à choisir ?

Essayer de ne jamais arriver à une situation d’urgence. Parce que, de fait, on voit beaucoup de jeunes qui, au moment de choisir, sont complètement bloqués parce que ça arrive très brusquement. Moi, je crois que les compétences à s’orienter sont à acquérir progressivement. C’est pourquoi nous avons mis en place tout un programme gratuit qui permet de petit à petit prendre conscience qu’on a besoin d’un certain nombre d’outils pour apprendre à s’orienter : par exemple, savoir se débrouiller dans le faisceau d’informations qu’on met à disposition des jeunes ça fait partie des compétences à s’orienter, savoir discerner les personnes qui vont nous aider, savoir poser les questions aux personnes ça se travaille aussi, car parfois on va se retrouver face à un adulte et on ne va pas oser poser des questions. Après, si on se retrouve dans une situation d’urgence, il y a deux-trois questions à se poser : est-ce que je connais des gens qui font ce métier-là ? Est-ce que je me vois à cet endroit ? Qu’est ce qu’il y a de bien dans cette activité ? Toutes ces questions autour de “c’est quoi la vie qui va avec” ? On va réfléchir à partir de ce qu’aime la personne et en fonction de ça, aller creuser pour voir si telle orientation lui plairait ou pas.

Si vous aviez 5 conseils à donner pour réussir son orientation professionnelle ?

1. Être très curieux : dès qu’on repère quelque chose, on regarde des vidéos sur YouTube, on va aller voir de près le métier. Prendre la question de l’orientation comme un voyage de découverte dans lequel il faut ouvrir ses oreilles et réfléchir, aller au-delà des images toutes faites qu’on a sur les métiers.

2. Se donner une feuille de route pour le faire sérieusement. Se dire : je ne vais pas me contenter d’aller voir seulement trois orientations possibles, mais plutôt me forcer à élargir mes horizons et que je vais regarder plutôt dix activités que les trois auxquelles je pensais spontanément.

3. Bien faire son propre compromis entre toutes les dimensions qu’on peut trouver pour choisir son orientation. Entre ce que j'aime faire, ce que je sais faire, ce que je peux faire concrètement compte tenu de mes contraintes (déplacements, temps, argent, bulletin scolaire…)

4. Faire le point sur ses valeurs. Est-ce que je suis d’accord pour aller travailler dans tel secteur, même s’il ne respecte pas mes valeurs, par exemple l’écologie ?

5. Savoir devenir soi. C’est faire de sa vie un projet. Prendre au sérieux le fait de se projeter régulièrement et garder la main sur ce qu’on a envie d’être.

Article publié le 08-09-2022

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